Les nouvelles pousses

29 septembre 2026 · Politics & Society · Manifeste

Pour une France lucide, laïque et libre

Préambule

La France est une nation magnifique. Elle est diverse, libre et laïque. Aucun citoyen n’a besoin de partager une foi pour y appartenir pleinement.

La laïcité ne demande pas aux croyants de se taire. Elle protège la liberté de croire, de ne pas croire et de changer de conviction. Elle empêche qu’une autorité religieuse parle au nom de tous.

Ce manifeste s’adresse aux structures de pouvoir, non aux croyants.

1. Accueillir le pape sans lui céder notre jugement

La France peut accueillir le pape avec respect, comme chef spirituel et invité diplomatique.

Mais accueillir n’est pas vénérer. Écouter n’est pas obéir. Le prestige d’une fonction religieuse ne donne à personne autorité sur les lois de la République.

Le pape peut prendre part au débat public. Les citoyens restent libres de lui répondre, de le contredire ou de ne pas l’écouter.

2. Une République sans religion officielle

L’histoire de la France porte la marque du christianisme. Elle porte aussi celle d’autres religions, de convictions sans religion, de pensées et de cultures qui ont contribué à la façonner.

Reconnaître cet héritage ne revient pas à accorder un privilège politique à l’Église. Les responsables publics peuvent dialoguer avec elle, comme avec d’autres acteurs de la société. Leur devoir est de servir l’ensemble des citoyens, croyants ou non.

Aucune institution spirituelle ne doit devenir la conscience officielle du pays.

3. La responsabilité avant les sermons

Une institution qui appelle à la paix doit aussi répondre de ce qui s’est passé en son sein.

Face aux violences et aux abus sexuels, les mots ne suffisent pas. Il faut écouter les victimes, établir les faits, ouvrir les documents nécessaires aux enquêtes, rendre des comptes et contribuer à la réparation. La protection d’une institution ne doit jamais passer avant celle des personnes.

La paix commence aussi par la justice que l’on accepte de faire chez soi.

4. La richesse oblige

Une Église qui appelle à la solidarité doit rendre compte avec clarté de ses ressources, de leur usage et des moyens consacrés aux victimes comme aux personnes dans le besoin.

Les biens religieux ne se résument pas à des coffres que l’on pourrait ouvrir d’un geste. Cela ne dispense pas leurs responsables d’expliquer leurs choix. Quand une institution parle au nom des plus pauvres, ses comptes et ses actes doivent pouvoir soutenir ses paroles.

Conclusion

Nous ne demandons pas la disparition de la religion. Nous demandons qu’aucune religion ne gouverne les consciences à la place des citoyens.

Nous voulons une République capable d’accueillir une parole spirituelle sans s’y soumettre, et une Église capable de regarder son histoire sans détour.

La liberté de conscience et la responsabilité peuvent grandir ensemble.

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