Les nouvelles pousses

29 septembre 2026 · Teaching & Education · Manifeste

Pour une éducation libre, pluraliste et protégée

Préambule

L’éducation doit donner aux jeunes les moyens de comprendre le monde, de penser par eux-mêmes et de construire leur vie.

Cette mission engage tous les établissements qui accueillent des élèves. Leur identité peut être différente ; le droit des enfants au savoir, à la protection et au respect est le même.

Ce manifeste ne met pas en cause la foi des familles, des élèves ou des enseignants. Il demande que l’influence exercée sur l’éducation puisse être examinée et que la liberté de chacun soit protégée.

1. Rendre les influences visibles

Des organismes de formation et des mouvements religieux, parmi lesquels Fondacio, IFF Europe et la Communauté de l’Emmanuel, participent à la vie sociale et éducative. Leur caractère religieux ne suffit ni à les disqualifier ni à les soustraire aux questions légitimes.

Lorsqu’un organisme forme des responsables, intervient auprès de jeunes ou entretient des liens avec un établissement sous contrat, ces liens doivent pouvoir être connus. Quelles formations sont proposées ? Qui décide des contenus ? Quelle place est laissée à la contradiction ? Comment un élève ou un enseignant peut-il signaler une pression ?

Ces questions appellent des réponses documentées et des contrôles adaptés. Toute situation d’emprise ou d’abus doit être examinée à partir de faits précis, sans accusation générale ni silence de convenance.

2. Respecter les programmes et la liberté d’enseigner

Un établissement privé sous contrat doit mettre en œuvre les programmes nationaux. Son projet propre ne lui donne pas le droit de priver les élèves d’un savoir prévu par ces programmes ni de porter atteinte à leur dignité.

Les enseignants doivent pouvoir exercer leur métier sans pression visant à déformer les connaissances scientifiques ou à imposer une doctrine dans les enseignements obligatoires. Les élèves doivent pouvoir poser des questions, rencontrer des idées et apprendre sans être culpabilisés pour ce qu’ils sont.

Quand des écarts sont signalés, il faut les vérifier, protéger les personnes concernées et y remédier.

3. Garantir l’éducation à la vie affective, relationnelle et sexuelle

La loi prévoyait déjà une éducation à la sexualité. Le programme national entré en application à la rentrée 2025 précise cette mission : EVAR à l’école, EVARS au collège et au lycée.

Ces enseignements doivent être adaptés à l’âge des élèves. Ils abordent notamment le respect de soi et d’autrui, l’égalité, le consentement et la prévention des violences. Ils doivent être mis en œuvre dans les établissements publics comme dans les établissements privés sous contrat.

Il est légitime de discuter des méthodes pédagogiques et de demander des informations sur les séances. Il ne serait pas légitime de laisser des élèves sans l’enseignement auquel ils ont droit. Protéger les enfants exige une mise en œuvre réelle, des personnels formés et la possibilité de signaler les manquements.

Conclusion

Nous ne demandons pas la disparition de l’enseignement catholique. Nous demandons que chaque établissement sous contrat respecte les programmes, la liberté pédagogique dans son cadre légal et les droits des élèves.

Une école digne de confiance accepte que ses pratiques soient examinées. Elle forme des esprits capables de choisir, de comprendre et de contredire.

L’éducation ouvre des portes. Elle ne doit jamais enfermer une conscience.

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